Allo-Poèmes Montréal

Dial-a-Poem / Allo-Poèmes : c’est parti pour l’édition 2020-2021!

L’équipe d’ARCMTL et d’Expozine est fière d’annoncer l’inauguration de Dial-a-Poem / Allo-Poèmes, un service gratuit présentant plusieurs nouvelles lectures de poésie chaque semaine, disponible au 514-558-8649 !

Lorsqu’en 1968, le très regretté poète-performeur John Giorno (1936-2019) a mis sur pied la ligne téléphonique Dial-a-Poem, il ne se doutait pas que son projet allait faire essaimer des initiatives semblables un peu partout dans le monde, et deux fois au Québec!

Un peu d’histoire

Le premier événement Dial-A-Poem s’est tenu à l’Architectural League de New York et mettait à la disposition du public de brèves lectures de poèmes par divers poètes contemporain.e.s, au moyen d’un appel téléphonique au 202-628-0400, accessible de partout. Pour recevoir les appels dans la galerie, 15 téléphones étaient branchés à 15 répondeurs chacun, permettant d’écouter un enregistrement au hasard. Outre des poèmes, on retrouvait également des enregistrements d’art audio, des discours politiques et de l’humour. La sélection d’enregistrements étaient mise à jour quotidiennement par Giorno.

Dial-a-Poem a donné lieu à plusieurs éditions live, notamment au Museum of Modern Art en 1970, et à une série d’albums compilations, devenues des pièces de collection. Parmi les poètes et artistes qui ont participé aux diverses éditions, on compte William Burroughs, Allen Ginsberg, Patti Smith, Anne Waldman, Laurie Anderson, Ed Sanders, John Cage, Philip Glass et Robert Mapplethorpe.

Depuis, de nombreuses autres éditions de Dial-a-Poem ont été implantées un peu partout aux États-Unis et en Europe : Chicago (1969), Londres et Amsterdam (1970), Milwaukee, Indianapolis et Louisville (1976), Berlin (1983), Paris (2015), entre autres.

Dial-a-514

En 1985, Fortner Anderson, alors âgé de 30 ans, est quant à lui parti à la rencontre des poètes anglophones de Montréal avec son enregistreuse portative pour alimenter Dial-a-Poem Montreal. Jusqu’en 1987 (moyennant quelques pauses!), Fortner aura diffusé des enregistrements des incontournables poètes montréalais.es de l’époque, de même que ceux de quelques invité.e.s de marque (Kathy Acker, Henri Rollins!).

En composant le 843-7636 (THE-POEM), les utilisateur.rice.s ont ainsi eu accès à des poèmes renouvelés quotidiennement (!) de plus de 150 poètes dont Erin Moure, Endre Farkas, Ian Ferrier, Monty Cantsin, Ian Stephens, Louis Dudek, Bill Furey, John Steffler, Antonio D’Alfonso, Raymond Filip, Laurence Hutchman, Irving Layton, Mohamud Togane, Noah Zacharin, Hugh Hazelton, Alan Lord, Brian Bartlett, David Rattray, Lucille King-Edwards, Errol MacDonald, Mona Adilman, Ralph Gustafson, Michael Toppings, Peter Brawley, Sonja Skarstedt, Katharine Beeman, Claudia Lapp, Pasquale Verdicchio, R.G. Everson, Renato Trujillo, Alex McCarney, Patrick Lane, Peter Van Toorn, Johanne Lafleur, Esther Ross, Edmundo Farolan, Shulamis Yelin, Marcia Goldberg, Martin Kevan, Steve Luxton, Leo Kennedy, Thomas Renix, et d’autres encore.

La ligne téléphonique recevait un nombre considérable d’appels, jusqu’à 200 appels par jour pendant la première année, affirme Fortner Anderson. Des soirées de lecture aux Foufounes électriques et dans des galeries d’art ont également eu lieu pour donner écho aux performances téléphoniques et financer la suite du projet.

We’d kill to dial up that hotline right now

Un article de mai 2020 sur Messy Nessy Chic au sujet de Dial-a-Poem de John Giono rappelait combien un tel accès à de la poésie par le téléphone était une initiative cruciale, et le demeure :

On any given night in 1970, a teen somewhere in rural America could dial a number and hear the radical wisdom of Patti Smith, John Cage, Allen Ginsberg, William S. Bourroughs – the list of poets was long, and painfully hip. One needed only the ten sacred digits of “Dial-a-Poem,” a revolutionary hotline that connected millions of people to a room of telephones, linked up to an evolving selection of live-recorded poems, speeches, and inspired orations. And frankly, we’d kill to dial up that hotline right now…

Fast-forward vers 2020 : une pandémie frappe, les lieux de sociabilité littéraire ferment, les arts vivants sont confinés, comme toute la population. La nécessité d’explorer des médiums autres que la scène s’impose.

En fait, en 2019, ARCMTL, l’organisme à but non lucratif d’art et d’archives derrière Expozine, avait numérisé et catalogué les archives du projet Dial-a-Poem des années 1980, grâce au financement du Programme des communautés du patrimoine documentaire de Bibliothèque et Archives Canada.

C’est en travaillant sur ces archives avec Fortner Anderson que l’idée est venue d’envisager de relancer le projet pour l’ère des téléphones intelligents. Puisqu’ARCMTL est bien connu pour avoir diffusé des œuvres d’art et des fanzines via son réseau de distributrices automatiques Distroboto, pourquoi ne pas promouvoir les lectures de poésie d’une manière tout aussi originale?

L’arrivée de la pandémie a rendu l’idée encore plus pertinente et le poète, éditeur et membre de l’équipe d’Expozine, Sébastien Dulude, a commencé à travailler avec Fortner Anderson pour développer une toute nouvelle version bilingue du projet. L’édition 2020-2021 de Dial-a-Poem / Allo-Poèmes est née!

Depuis décembre 2020, la ligne 514-558-VOIX propose chaque semaine des lectures de plusieurs poètes francophones et anglophones. Un poème des archives de Dial-a-Poem Montréal de 1985-1987 est également disponible chaque semaine. Le service est bien entendu gratuit.

Ajoutez 514-558-VOIX à vos favoris et composez-le régulièrement pour entendre des poèmes de Daphné B., Deanna Radford, Erin Moure, Hector Ruiz, Nicholas Giguère, Pascale Bérubé, Ali Pinkney, Sherwin Tija, Michael Nardone, Fortner Anderson, Jonathan Lamy, Ève Landry, Noémie Provencher-Cloutier, Misha Solomon et de très nombreux.ses autres!

Nous espérons de tout cœur que ce projet aidera à divertir et nourrir l’imaginaire pendant le long hiver à venir.

Dial-a-Poem / Allo-Poèmes est une production de ARCMTL / Expozine et est rendu possible en partie grâce au financement du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec, de la SODEC et du Conseil des arts de Montréal.